Course de garçons de café – Paris.
Dimanche 15 mai à Paris. Il est 14h30, les promeneurs du dimanche se massent, curieux, à l’un des quatre coins de la place des Vosges. De la musique, des pompom girls en jaune et bleu qui agitent des bouteilles d’Orangina… et une centaine de garçons de café. Aujourd’hui, leur profession est mise à l’honneur à l’occasion de la traditionnelle course.
Absent des rues de la capitale depuis quelques années, l’événement international a été remis au goût du jour par Orangina, à l’occasion de ses 75 ans, mais aussi Equip’Hotel et Synhorcat (Syndicat national des hôteliers, restaurateurs et traiteurs) pour la plus grande joie des promeneurs. Mais aussi des participants : « cela donne une bonne image de notre profession, on reproche souvent aux garçons de café parisiens de ne pas être sympathiques. Cette course est le moyen de prouver le contraire », explique Christophe, du café le Biarritz.
Encore quelques préparatifs avant le départ. Certains laçent leurs chaussures, d’autres sautillent d’un pied sur l’autre. Dans le peloton, des jeunes, des plus vieux, quelques femmes aussi. On aperçoit des perruques, des chapeaux, des cravates nouées sur le crâne… et même un Blue’s Brother en train de s’échauffer ! Pour d’autres l’heure est à la concentration. Pas question de se laisser déstabiliser : les yeux baissés vers le sol, ils contrôlent scrupuleusement leur respiration. C’est que l’enjeu est de taille. En plus de faire la fierté de son établissement, le vainqueur se verra remettre un chèque de 2000 euros.
15h, top départ et ils s’élancent. Il leur faudra arriver à bout des 2,6km de parcours un plateau à la main sur lequel sont posés une bouteille d’Orangina et un limonadier, instrument par excellence du garçon de café. Sur leur itinéraire, ils traverseront des rues mythiques du vieux Paris, ces rues qui font du Marais un quartier phare de l’histoire de la capitale : de la Place des Vosges à la place Baudoyer en passant par les Francs Bourgeois, la rue Vieille du Temple ou encore la rue des Rosiers. Une seule règle pour réussir la compétition : être un des trois premiers à franchir la ligne d’arrivée sans renverser la boisson !
C’est seulement 10 minutes et 94 centièmes plus tard que le premier concurrent franchit la ligne d’arrivée. C’est Etienne, avec le dossard 69. Il a 18 ans et travaille en apprentissage à la Ginguette de Neuilly, sur l’île de la Jatte. Il est rapidement suivi de Camille (11’10), de Jean Louis (11’12), puis des quelques cent autres participants. Leur temps a été calculé grâce à une puce électronique accrochée à leur chaussure.
Mais attention, rien n’est encore joué. Nos trois finalistes vont maintenant s’affronter face à un public nombreux à l’épreuve de « décapsulage de bouteille ». Devant eux trente bouteilles d’Orangina à décapsuler au plus vite. Avec un formidable coup de poignet, Jean Louis prend la tête de la compétition et empoche 2000 euros. Camille reste second et repart avec un chèque de 1000 euros. Etienne, qui était le plus rapide à la course a malheureusement pêché sur l’habileté et finit 3ème, un chèque de 500 euros en poche et un large sourire aux lèvres !
Car l’esprit de cette course de garçons de café parisienne était placé sous le signe de la bonne humeur, même si le soleil printanier faisait de rares apparitions grimaçantes derrière les nuages. En 1941 déjà, cette course (qui ne date pas d’hier) servait de distraction aux Parisiens face aux difficultés de l’Occupation. 70 ans plus tard, les garçons de café de la capitale n’ont rien perdu de leur bonne humeur !
Raphaelle Elkrief, envoyée spéciale WaitersRace.com